5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 11:06

 

De tendres feuillages descendent sur la colline :

Demi-teintes glauques et pâles, comme endormies,

Baume de fraîcheur pour mes yeux brûlants

Où vont s'éteignant des flammes de fureur...

 

Oh, viens, vêtue de blanc — du cœur de la feuillée !

Que ta main écarte, légère, les branches.

Oh, viens ! Mes yeux veulent t'épouser,

Refléter virginale ton image sereine.

 

D'une ronce folle la tige rétive

A posé si délicatement sur ton doigt

La perle rose vive d'un baiser !...

 

Ta jupe légère.. une douce brise l'agite...

Oh, viens ! Vêtue de blanc ! Du cœur des bosquets !...

Âme de sylphe, chair de camélia...

 

 

 

 

 

Desce em folhedos tenros a colina:

— Em glaucos, frouxos tons adormecidos,
Que saram, frescos, meus olhos ardidos,
Nos quais a chama do furor declina...


Oh vem, de branco — do imo da folhagem!
Os ramos, leve, a tua mão aparte.
Oh vem! Meus olhos querem desposar-te,
Reflectir-te virgem a serena imagem.

De silva doida uma haste esquiva

Quão delicada te osculou num dedo
Com um aljôfar cor-de-rosa viva!...

Ligeira a saia... Doce brisa, impele-a...
Oh vem! De branco! Do imo do arvoredo!

Alma de silfo, carne de camélia...

 

 

 

 

 

 

Camilo Pessanha

Clepsydre

Traduction par Michel Chandeigne et Ariane Witkowsky

La Différence, 1991

SG