16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 07:39

 

Ils ont envahi mon peuple

moi seul avec les racines qui traînaient

j'ai réussi à fuir le shtetl à travers des pays

qui m'ont effleuré comme des orties

Je suis arrivé ainsi dans de sombres sapinières

où les branches m'ont caressé comme des cordes

charme sournois

de sbires cachés dans des futaies

L'âme qui sort ici de la forêt

ne rend compte que de ce qui est arrivé

la forêt a gardé son aspect

et murmure : Tu as tout inventé.

 

 

 

Moses Rozenkrans

Poèmes de Czernowitz

traduits de l'allemand par François Mathieu

Laurence Teper, 2008

SG