15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 07:00

 

Cet arbre déraciné

couché en moi comme la phrase

d'un roman légende d'une antique forêt

abattue par les hommes respire-t-il encore ?

 

Je l'entends il m'appelle je le vois le je touche

et sa plaie suinte en moi

Et le voilà gisant sculpture favorite des dieux

 

Mon vers est trop petit pour enserrer son corps

Ma phrase est trop légère pour feindre le tombeau

 

Je le grave en ma nuit comme un bouclier d'or

et berce de mon souffle de mes bras sans effort

son fantôme de paix et de mélancolie

 

 

 

Béatrice Libert

L'instant oblique

L'Oreille du Loup, 2009

SG