5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 08:29

 

Ô mes fiers brasseurs de vent de nuages

de ciel, y songiez-vous assez à partir

à quitter ce monde aveugle et vil

hors des bras de l'enfance,

 

à disparaître des voies de garage

et des enclos et des jardins où vous

comptiez pour des prunes, parasols à peine,

lampadaires ou poteaux

 

pour le linge quand vos fruits pourrissaient

d'attendre une main ronde et douce, que

plus loups que les loups, des hommes jetaient

l'or des futaies par les fenêtres

 

de l'horizon ? C'est fait à présent, et nous

restons debout, sans racines, plus seuls et

petits que des voiliers sans mât

sur la mer bruissante des regrets.

 

 

 

 

Guy Goffette

La ligne des arbres

15 poèmes pour la Méridienne Verte

Ministère de l'agriculture

et de la pêche, 2000

SG