10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 06:07

 

                             fable

 

 

Un homme perdait ses cheveux

Et sur sa brosse et dans son peigne,

Tant et si bien qu'à telle enseigne

Il devint chauve en moins de deux.

Il avait un crâne tout rose

Qui ressemblait à un genou

Et gardait sa tête bien close

Sous un chapeau, même au mois d'août.

Se promenant à la campagne

Il vit un arbre dénudé

Lisse comme mât de cocagne,

Que le vent avait effeuillé.

Eh bien ! mon vieux, dit le brave homme,

Je te trouve tel que je suis

Tu n'as plus de cheveux en somme

Puisque ton feuillage est parti ;

L'arbre lui dit : pauvre cervelle

Reviens donc me voir cet été

J'aurai ma perruque nouvelle

Et ton crâne déshabité

Sera bien content je présage

De la fraîcheur de mon ombrage.

 

Cela prouve qu'il faut penser

Avant de faire sa harangue

Et retourner sept fois sa langue

Dans la bouche avant de parler.

 

 

 

 

Roger Bonhomme

Poèmes et réflexions

1977

SG