12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 06:09

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Un arbre enveloppe un nuage,

un oiseau enveloppe l'arbre

et une plume de l'oiseau disperse l'air

pour faire place au signe maintenant là.

 

Ce qui enveloppe est enveloppé par ce qu'il enveloppe

mais le signe nouveau passe justement

entre l'enveloppé et ce qui enveloppe

et défait le paquet.

Le soir devient un dieu.

 

Un arbre descend alors d'un nuage,

le nuage descend d'un oiseau

et une plume de l'oiseau écrit le nouveau signe

sur le versant qui vient d'être dégagé. (III. 6b)

 

 

 

 

Roberto Juarroz

Poésie verticale

Traduit de l'espagnol par Roger Munier

Fayard, 1989 

SG