5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 10:00

 

 

 

 

 

20 mars    L'arbre

 

Il y avait autrefois de l'affection, de tendres sentiments,

C'est devenu du bois.

Il y avait une grande politesse de paroles,

C'est du bois maintenant, des ramilles, du feuillage.

Il y avait de jolis habits autour d'un cœur d'amoureuse

Ou d'amoureux, oui, quel était le sexe ?

C'est devenu du bois sans intentions apparentes

Et si l'on coupe une branche et qu'on regarde la fibre

Elle reste muette

Du moins pour les oreilles humaines,

Pas un seul mot n'en sort mais un silence sans nuances

Vient des fibrilles de toute sorte où passe une petite fourmi.

 

Comme il se contorsionne l'arbre, comme il va dans tous les sens,

Tout en restant immobile !

Et par là-dessus le vent essaie de le mettre en route,

Il voudrait en faire une espèce d'oiseau bien plus grand que nature

Parmi les autres oiseaux

Mais lui ne fait pas attention,

Il faut savoir être un arbre durant les quatre saisons,

Et regarder, pour mieux se taire,

Écouter les paroles des hommes et ne jamais répondre,

Il faut savoir être tout entier dans une feuille

Et la voir qui s'envole.

 

 

 

 

Jules Supervielle

Le forçat innocent

suivi de Les amis inconnus

Gallimard, 1969

 

 

 

 

 

Patricia Erbelding

Peinture huile, cire, rouille

2008

 

 

 

 

 

 

19 mars    Les ares verts

 

 

Le bûcheron et sa cognée

font des trous dans la forêt

tout au bout l'on aperçoit

une scierie pour le bois

 

la scierie est dynamique

la scierie est prolifique

les usines poussent comme des petits pois

la forêt n'est plus qu'un bois

 

on arrache les derniers arbres

pour que circulent les ouatures

ô promoteur urbain arrête un peu le bras

laisse aux végétariens quelques ares de square

 

 

 

 

 

Raymond Queneau

Battre la campagne

Gallimard, 1968

 

 

 

 

Akara Péala

Ciels profonds

 

 

 

 

 

18 mars    Comment écrire un poème

 

 

 

Invite un oiseau sur ta page

fais-le suivre de son ombre

d'un arbre

et de quelques feuilles mortes

 

Demande au vent assis dans la marge

de souffler entre les lignes

de droite à gauche

de gauche à droite

qu'il entraîne dans une folle sarabande

voyelles et consonnes

virgules et points d'exclamation

 

Attends la fin de la tempête

pour relier l’oiseau à l’écriture

l'écriture à l'ombre

l'ombre à l'arbre

que tu secoueras très fort

ton poème tombera comme un fruit à tes pieds

 

 

 

 

Vénus Khoury-Ghata

La voix des arbres

Le cherche-midi éditeur, 2001

 

 

 

 

 

 

17 mars    L'arbre l'oiseau

 

 

Oiseau mon assuré

dans son asile de tiédeur

témoin du lent travail de l'aubier

                    de l'écorce

de la feuille aux saisons de la terre

 

Oiseau

qui avance humblement dans l'intimité

                                          du maître

jusqu'à ce que s'échappe une plume

                                           fertile

la semence d'un printemps

 

Oiseau mon poémier

qui prend son assise dans la pierre

avant de s'élancer par un détour

                                  de tiges

jusqu'au miracle de la plaie

 

Jusqu'au triangle de la présence dure

cette masse de lumière

qui s'étire soigneusement dans l'homme

et déjà sent frémir les cageots du matin

 

Cet instant du soleil

où l'arbre se résume

et serre dans le silence

le temps de ses mille paroles.

 

 

Paris,

  

4 janvier 1951

6 heures du matin

 

                                                   à Louis Nallard 

   (sur carnet Ephémérides de la Librairie Gibert)

                                                          

                                        

   

Jean Sénac

Oeuvres poétiques

Actes Sud, 1999

 

 

 

 

Isabelle Joubert

It's a new day

 

 

 

 

 

 

16 mars    Le pin

          L’arbre seul, dans la nature, pour une raison typifique, est vertical, avec l’homme.

      Mais un homme se tient debout dans son propre équilibre, et les deux bras qui pendent, dociles, au long de son corps, sont extérieurs à son unité. L’arbre s’exhausse par un effort, et cependant qu’il s’attache à la terre par la prise collective de ses racines, les membres multiples et divergents, atténués jusqu’au tissu fragile et sensible des feuilles, par où il va chercher dans l’air même et la lumière son point d’appui, constituent non seulement son geste, mais son acte essentiel et la condition de sa stature.

     La famille des conifères accuse un caractère propre. J’y aperçois non pas une ramification du tronc dans ses branches, mais leur articulation sur une tige qui demeure unique et distincte, et s’exténue en s’effilant. De quoi le sapin s’offre pour un type avec l’intersection symétrique de ses bois, et dont le schéma essentiel serait une droite coupée de perpendiculaires échelonnées.

     Ce type comporte, suivant les différentes régions de l’univers, des variations multiples. La plus intéressante est celle de ces pins que j’ai étudiés au Japon.

     Plutôt que la rigidité propre du bois, le tronc fait paraître une élasticité charnue. Sous l’effort du gras cylindre de fibres qu’elle enserre, la gaine éclate, et l’écorce rude, divisée en écailles pentagonales par de profondes fissures d’où suinte abondamment la résine, s’exfolie en fortes couches. Et si, par la souplesse d’un corps comme désossé, la tige cède aux actions extérieures qui, violentes, l’assaillent, ou, ambiantes, la sollicitent, elle résiste par une énergie propre, et le drame inscrit au dessin tourmenté de ces axes est celui du combat pathétique de l’Arbre.

     Tels, le long de la vieille route tragique du Tokkaido, j’ai vu les pins soutenir leur lutte contre les Puissances de l’air. En vain le vent de l’Océan les couche : agriffé de toutes ses racines au sol pierreux, l’arbre invincible se tord, se retourne sur lui-même, et comme un homme arc-bouté sur le système contrarié de sa quadruple articulation, il fait tête, et des membres que de tous côtés il allonge et replie, il semble s’accrocher à l’antagoniste, se rétablir, se redresser sous l’assaut polymorphe du monstre qui l’accable. Au long de cette plage solennelle, j’ai, ce sombre soir, passé en revue la rangée héroïque et inspecté toutes les péripéties de la bataille. L’un s’abat à la renverse et tend vers le ciel la panoplie monstrueuse de hallebardes et d’écus qu’il brandit à ses poings d’hécatonchire ; un autre, plein de plaies, mutilé comme à coups de poutre, et qui hérisse de tous côtés des échardes et des moignons, lutte encore et agite quelques faibles rameaux ; un autre, qui semble du dos se maintenir contre la poussée, se rassoit sur le puissant contrefort de sa cuisse roidie ; et enfin j’ai vu les géants et les princes, qui, massifs, cambrés sur leurs reins musculeux, de l’effort géminé de leurs bras herculéens maintiennent d’un côté et de l’autre l’ennemi tumultueux qui les bat.

     Il me reste à parler du feuillage.

     Si, considérant les espèces qui se plaisent aux terres meubles, aux sols riches et gras, je les compare au pin, je découvre ces quatre caractères en elles : que la proportion de la feuille au bois est plus forte, que cette feuille est caduque, que, plate, elle offre un envers et un endroit, et enfin, que la frondaison, disposée sur les rameaux qui s’écartent en un point commun de la verticale, se compose en un bouquet unique. Le pin pousse dans des sols pierreux et secs ; par suite, l’absorption des éléments dont il se nourrit est moins immédiate et nécessite de sa part une élaboration plus forte et plus complète, une activité fonctionnelle plus grande, et, si je puis dire, plus personnelle. Obligé de prendre l’eau par mesure, il ne s’élargit point comme un calice. Celui-ci, que je vois, divise sa frondaison, écarte de tous côtés ses manipules ; au lieu de feuilles qui recueillent la pluie, ce sont des houppes de petits tubes qui plongent dans l’humidité ambiante et l’absorbent. Et c’est pourquoi, indépendant des saisons, sensible à des influences plus continues et plus subtiles, le pin montre un feuillage pérennel.

     J’ai du coup expliqué son caractère aérien, suspendu, fragmentaire. Comme le pin prête aux lignes d’une contrée harmonieuse l’encadrement capricieux de ses bois, pour mieux rehausser le charmant éclat de la nature il porte sur tout la tache de ses touffes singulières : sur la gloire et puissance de l’Océan bleu dans le soleil, sur les moissons, et, interrompant le dessin des constellations ou l’aube, sur le ciel. Il incline ses terrasses au-dessous des buissons d’azalées en flammes jusqu’à la surface des lacs bleu de gentiane, ou, par-dessus les murailles abruptes de la cité impériale, jusqu’à l’argent verdi d’herbe des canaux : et ce soir où je vis le Fuji comme un colosse et comme une vierge trôner dans les clartés de l’Infini, la houppe obscure d’un pin se juxtapose à la montagne couleur de tourterelle.

             

                                                                           

                                                                                                             (1898)

 

 

Paul Claudel

Connaissance de l'Est

Œuvre poétique

Bibliothèque de la Pléiade

Gallimard, 1967

 
 
 
 
 
 
 

15 mars

Autour de l'arbre immobile

l'ombre qui tourne

dessine sur le sol

le mouvement du jour.

 

C'est l'amorce

d'un cercle parfait

et tous les cercles se ressemblent

 

mais toutes les feuilles

sont différentes.

 

 

 

Jean Tardieu

L'accent grave et l'accent aigu

Gallimard, 1986

 

 

 

 

 

 

Photographie : Karolus

Derniers feuillages

 

 

 

14 mars    Le vent du nord dans les cyprès

 

 

   
       

Dessin à l'encre : Gérard Ducos

     

               

 

                                       

                                                          A Marcel Gonzalèz

 

 

Le vent du nord dans les cyprès

roulant

riant, vacarmant

pleurant les jours bienheureux des mers

libres, querelleuses

crache les gueuses chimères

des âmes en allées

 

 

Les cyprès dans leur verdeur

folle, mobile

sont signes des vivants

au vent du nord des trépassés

 

 

Arbres virils

dressés sur l'eau féminine des lochs

sexes triomphants

des hivers gorgés de germes

dans les dormantes terres

ils violentent les fragiles demeures

et les chambres et les pensées

Les amours et les morts

se répondent à l'heure des cyprès

 

 

Le vent du nord gémit dans les cyprès

toute joie déserte les rivages et les parcs

où les veuves belles et nues

écoutent l'appel déchirant

des amants atlantiques

disparus en de celtiques véhémentes Irlandes

 

 

Je chante les cyprès centenaires

qui clament aux haies quaternaires graciles

où les geais dans les pluies se déchirent

que la chair des hommes pourrit richement

dans l'humus fertile et gras

des feuilles en novembre

 

 

Le vent du nord

cueilleur de lunes et de frimas

emplit les mains glaciales des cyprès

et dresse, arbore

les funèbres bannières de l'absence

sur les baies musicales et les croix effarées

 

 

Je vous le dis

moi j'aime le vent du nord dans les cyprès

 

 

 

 

Xavier Grall

La Sône des pluies et des tombes

Kelenn

 

 

 

 

 

13 mars

 

Squelette fibrillaire des arbres

 

On dirait qu'ils saignent

en effet

il y a des drapeaux pas loin

 

Une charrette

comme une caisse

comme un cercueil

est traînée par un cheval maigre

tirant

tirant

allongé dans l'en avant jusqu'à y choir

presque

quelques formes noires suivent

partout ailleurs une flaque équivoque de vouloir vert sans verdure,

plutôt une lessive et qu'est-ce qui va résister à cette lessive ?

 

Y garder sa forme, en trouver une nouvelle ?

 

Le cœur des arbres ne semble pas désespéré

 

Dans l'adversité la beauté de l'existence n'est pas absente.

 

Il y a aussi du tonique dans le petit drapeau.

 

 

 

 

Henri Michaux

À distance

Mercure de France, 1996

 

 

 

          zao-wou-ki-michaux-1      

 

 

 

zao wou-ki-michaux 2

   

Zao Wou-Ki

Funérailles

Huile sur toile, 1949

 

 

 

 

 

12 mars    Mon arbre

Mon arbre dans un siècle encor malentendu,

Dressé dans la forêt des raisons éternelles

Grandira lentement, se pourvoira de feuilles,

À l'égal des plus grands sera tard reconnu.

 

Mais alors, il fera l'orage ou le silence,

Sa voix contre le vent aura cent arguments,

Et s'il semble agité par de nouveaux tourments,

C'est qu'il voudra plutôt se débarrasser de son trop de science.

 

 

 

Francis Ponge

Proêmes

Gallimard, 1992

 

 

 

 

 

École maternelle René Goscinny

Le Louroux-Béconnais

 

 

 

 

 

 

11 mars    Un arbre

   

Un arbre

A poussé dans ton cœur

 

Ce n'était rien

Qu'une graine

Presque un jeu

Pour rêver de feuilles

 

Aujourd'hui

Les racines

Te dévorent

 

Dans un silence de terre

 

Personne

N'aura rien vu

 

Mais demain

Les oiseaux feront leur nid

Dans tes cheveux

 

Le souci

Durcira de son écorce

Tes paupières

 

Seul le ciel

Pourra te gracier

S'il le veut bien.

         
   

Photographie : René Hervin

Écorce, lumière ocre dans l'ombre de la forêt

Artmajeur

 

 

 

10 mars    Epitaphe

Épitaphe
Épitaphe
 
 
 

 

 

 

 

9 mars    Le chêne

 

 

 

 

 

Le chêne est seul

Près d'un roc escarpé.

 

Régir.

Mais quoi ?

 

Pas rien

Que tâter l'épaisseur

Entre deux granits

 

 

           *

 

 

Ses feuilles

Sont de lui,

 

Même si

De temps en temps

Elles s'en vont,

 

Enfants prodigues

Revenant partager

L'air plus gras.

 

 

            *

 

 

Ses racines,

 

Il aurait tendance,

Dans le jour,

A les oublier.

 

Il aime les lointains

Qui lui font signe

 

Et qui ne viendront pas

Pour des suppliques.

 

 

             *

 

        

 

 

 

Les glands

Ne comptent pas tellement.

 

Les siècles futurs

Ne le persécutent pas.

 

 

              *

 

 

Il doit être lourd.

 

Il en est fier

Dans tout son tronc.

 

 

               *

 

 

Quel est le but ?

Sinon durer,

 

Chêne toujours plus chêne,

 

Pour plus de possession

Mettre à neuf

Ce qu'on sait

 

De soi

Et d'alentour

 

 

                *

 

 

Couvrir de l'étendue.

Donner asile

 

Même à ceux-là

Qui vous hachent le tronc.

 

 

                 *

 

 

N'est pas

Sans se craindre.

 

A fini

De chercher pourquoi.

 

Peut-être sera

De ceux qui éclatent.

 

 

 

 

 

 

Eugène Guillevic

Trouées

Gallimard, 1981

 

 

 

 

 

Le chêne

Dominique Rincé-B

L'Arbre

dominiquerincebarjou.com

 

 

 

 

 

8 mars    Les sapins

 

Les sapins en bonnets pointus

De longues robes revêtus

   Comme des astrologues

Saluent leurs frères abattus

Les bateaux qui sur le Rhin voguent

 

 

Dans les sept arts endoctrinés

Par les vieux sapins leurs aînés

   Qui sont de grands poètes

Ils se savent prédestinés

A briller plus que des planètes

 

 

A briller doucement changés

En étoiles et enneigés

   Aux Noëls bienheureuses

Fêtes des sapins ensongés

Aux longues branches langoureuses

 

 

Les sapins beaux musiciens

Chantent des noëls anciens

   Au vent des soirs d'automne

Ou bien graves magiciens

Incantent le ciel quand il tonne

 

 

Des rangées de blancs chérubins

Remplacent l'hiver les sapins

   Et balancent leurs ailes

L'été ce sont de grands rabbins

Ou bien de vieilles demoiselles

 

 

Sapins médecins divagants

Ils vont offrant leurs bons onguents

   Quand la montagne accouche

De temps en temps sous l'ouragan

Un vieux sapin geint et se couche

  
  
  

Guillaume Apollinaire

Alcools

Gallimard, 1966

 

 

 

 
 
Les sapins

Photographie : Claude Chambon

claudechambon-photobook.com

 

 

 

7 mars    L'Arbre

 

De ce tronc noueux

De cette charpente pierreuse

De ces branches racornies

Renaissent éternellement

Aiguisés par la sève

Bourgeons feuillages et fruits

 

Remous

Qui contiennent toute mesure

Et secrètent l'équilibre

De la mort

De la vie.

 

 

 

Andrée Chedid

Rythmes

Gallimard, 2003

 

 

 

 

 

 

Florence Nérisson

Arbre de vie

florence-nerisson.com

 

 

 

 

 

5 mars    Passant,...

Alechinsky Bonnefoy

 

Pierre Alechinsky - Yves Bonnefoy

Peinture murale et poème

40 rue Descartes, Paris, 5ème arrondissement

 

       

 

 

 

Passant,

regarde ce grand arbre

            et à travers lui

il peut suffire.

 

Car même déchiré, soufflé,

            l'arbre des rues,

c'est toute la nature,

            tout le ciel,

l'oiseau s'y pose,

le vent y bouge, le soleil

y dit le même espoir malgré

            la mort.

 

Philosophe,

as-tu chance d'avoir l'arbre

            dans ta rue,

tes pensées seront moins ardues,

            tes yeux plus libres,

tes mains plus désireuses

            de moins de nuit.

 

SG

 

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