15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 06:03

 

Forêt pieuse forêt brisée où l'on n'enlève pas les morts

Infiniment fermée serrée de vieilles tiges droites roses

Infiniment resserrée en pins vieux et gris fardés

Sur la couche de mousse énorme et profonde en cri de velours

Avec les squelettes grandis tombés en travers extasiés

Forêt pieuse et plante mystique avec un seul piaulement fauve

Et le murmure symphonique d'un vent prenant éternel

Et la musique du seul vent sur toutes cimes branlées à peine

Et la fraîcheur de la mort dans la poussée obscure et pleine.

 

 

 

 

Pierre Jean Jouve

Diadème suivi de Mélodrame

Gallimard, 2006 

SG