21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 06:07

 

Lorsqu'au milieu de l'égalité de la lumière

(quand l'haleine de l'été est peinte sur le jour)

ton esprit a l'épaisseur et la couleur de l'herbe

où les bêtes n'ont pas besoin de remuer pour être.

 

Aux quatre coins du temps les arbres se retiennent

d'avancer vers toi. Tu étends les bras,

touches les limites de la terre, tu es toi-même

la tiédeur de l'air et l'attente des arbres là-bas.

 

Tu es la largeur et la couleur de la lumière,

ton esprit (est-il plusieurs ?) occupe sans bouger

les quatre coins sans ombre de l'univers.

C'est le jeu, nul ne bouge, et nul ne peut te déloger.

 

 

 

Jean Mambrino

La saison du monde

José Corti, 1986

SG