11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 11:08

 

La lune jaune est comme un brasier qui se meurt

En l'immensité vide où montent des fusées.

La Ville est un monceau de pierres écrasées...

Le vent qui rôde est lourd de lointaines rumeurs.

 

Broussaille de démence aux ramures croisées,

Les fils de fer grinçants menacent les hauteurs.

Du fond d'abris visqueux d'invisibles guetteurs

Frissonnent par les trous de capotes usées.

 

Devant eux la ténèbre étend son cauchemar.

Mais, dominant la pleine où plonge le regard

Des guetteurs éperdus que leur ombre exaspère,

 

Trois arbres ébranchés se tordent en ce lieu.

Crispés comme jadis les gibets du Calvaire,

Lorsque, battus d'angoisse, ils attendaient un Dieu.

 

 

 

R. Christian-Frogé

Poètes angevins d'aujourd'hui

Anthologie par Marc Leclerc

Paul Lefèbvre, 1922