9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 21:21

 

L'océan écumeux hurle en battant la côte :

« Ô sapins orgueilleux, soumettez-vous au sort !

Nul arbre ici ne doit porter sa tête haute,

Mon haleine jalouse est un souffle de mort.

 

« Que n’alliez-vous au bord des paisibles rivières

Ombrager le sommeil calme de verts îlots ?

La fauvette eût niché sous vos branches légères. »

Les géants sans plier répondent aux grands flots :

 

« Courbe-nous, mer grondeuse, effeuille nos verdures,

Nos rameaux obstinés attendent les blessures,

Les jardins ne sont bons qu'aux rosiers paresseux ;

 

« La souffrance est la force, et le combat la vie ;

Souffle ! Nous jetterons, malgré ta tyrannie,

Notre fraîcheur à l'homme et nos parfums aux cieux. »

 

 

 

Georges Lafenestre

Les espérances

J. Tardieu, 1864

SG