4 juin 2017 7 04 /06 /juin /2017 16:56

 

On ne déracine pas les nuits qui nous habitent,

y poussent des feuilles et des branches,

viennent les oiseaux de l'amour pour chanter.

 

On ne déracine pas les nuits qui nous habitent,

Les graines s'y épanouissent en une forêt obscure,

dans ses broussailles, la peur est à l'affût.

 

De petits animaux et des fauves la hantent,

des vipères y rampent et détruisent les nids,

les panthères s'apprêtent à nous mettre en pièces.

 

On ne déracine pas les nuits qui nous habitent,

devenues forêts épaisses, elles nous étouffent.

 

 

 

Dinos Christianopoulos

Ντίνος Χριστιανόπουλος

Poésie de Grèce, 1945-1985
Actes Sud, 1992

 

SG