28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 18:15

 

Ne regrette rien des vergers perdus

vois comme le vieil été,

sur les rochers, dans la clarté

pour mourir s'est étendu,

 

comme ils sont beaux, les rudes corps,

hier vêtus de feuillage,

Ulysse devenu sauvage

foule nos bords,

 

arbres roux, beaux aventuriers

que la fièvre consume,

habitants des palais de brume,

qui mourra le premier ?

 

Têtes folles que le vent roule

vers la mer au long bruit,

l'oiseau marin, c'est notre ami

sur l'éternelle houle.

 

 

 

 

Henri Thomas

Poésies

Gallimard, 1970

SG