15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 16:40

 

Dans la châtaigneraie se dresse

une tour solitaire. Bien que mutilée

par la foudre qui abrégea sa gloire

elle semble veiller toujours

sur d'anciennes possessions.

À ses pieds gisent des pierres

débris de sa couronne esquilles

tombées des murs ajourés.

De saison en saison le vent du temps

désagrège et disperse le même

essaim de feuilles et les bogues

éclatées libèrent ici un fruit stérile.

Soudain surgie d'entre les lèvres

de la plaie sommitale avant de se fondre

dans la futaie la pie-grièche de son cri

suspend l'humble et triste évocation

du poème. Ce cri vivant la tour de pierre

le prolonge dans sa durée silencieuse.

 

 

 

 

Jean-Pierre Siméon

Le Roi errant

Gallimard, 1995

SG