6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 12:20

 

La tempête a fait tomber ses arbres :

Ah, mon âme était une forêt.

 

M'aurais-tu entendue pleurer ?

Tes yeux inquiets sont grand ouverts.

Les étoiles sèment la nuit

Sur mon sang répandu.

 

Mon âme maintenant sommeille,

Craintive, sur la pointe des pieds.

 

Ah, mon âme était une forêt ;

Les palmiers faisaient ombre,

Aux branches l'amour était suspendu.

Console mon âme dans son sommeil.

 

 

 

 

Else Lasker-Schüler

Mon piano bleu

Poésie complète, tome I

Traduit de l'allemand par Jean-Yves Masson

et Annick Yaiche

Fourbis, 1994

 

 

 

 

 

Nun schlummert meine Seele

 

 

Der Sturm hat ihre Stämme gefällt,
O, meine Seele war ein Wald.

 

Hast du mich weinen gehört?
Weil deine Augen bang geöffnet stehn.
Sterne streuen Nacht
In mein vergossenes Blut.

 

Nun schlummert meine Seele
Zagend auf Zehen.

 

O, meine Seele war ein Wald;
Palmen schatteten,
An den Ästen hing die Liebe.
Tröste meine Seele im Schlummer
.

SG