23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 06:12

 

La branche de sapin aux doigts nacrés de neige

Étire ses rameaux avec un lent orgueil.

Dans sa pose figée elle exhibe à notre œil

Son aristocratique et hautain sortilège.

 

En un pesant repos elle est là suspendue,

Au clair de la croisée allongeant son corps noir,

Qui dans l'air agrandi mais reposant du soir

Accueille le respect comme une chose dûe.

 

Pieux sapin raidi tel un Devoir sacré,

Beau sapin gigantesque en notre sol ancré,

Laisse mon âme errer vers ta cime pointue !

 

Fantôme de prière auprès du ciel obscur,

Ton clocheton béni balance un rêve dur,

Fier et seul sous l'azur, loin des routes battues...

 

 

                                        Février 1944.

 

 

Paule Boulesteix

Filigrane

Les Cahiers des poètes de notre temps, n°270

1962

SG