Loin des feux des bougies d'hier,
et des bals enfumés
oasis de silence et de prière,
la forêt m'appelle...
La grande forêt solitaire
aux calmes réverbérations de lumière,
majestueuse cathédrale muette,
si vivante en ces hymnes de louange...
Grande forêt profonde
aux chaleurs de plomb,
tu les connais bien,
tes équipages...
Montagnes altières,
éthérées,
grands arbres séculaires,
en prière constante,
conifères de valeur
aux intempéries vaincues,
pins blancs-gris,
captant le paysage,
gercé par le temps lourd...
Bouleaux rouges,
jaunes,
blancs,
au grain qui réchauffe les cœurs transis
et dont la peau se veine d'innocence...
Saules blancs,
si fragiles en leur peine,
mais qui encagent avec tendresse,
les oiseaux-capteurs d'air pur...
ARBRES,
mes frères de lumière,
plantes boréales,
mes sœurs de vie,
qu'il est luxuriant
votre univers de gloire...
Et vous,
grands chênes musclés,
aspirez-vous toujours
à toucher l'azur clair
pour atteindre le ciel ?
Quant à vous,
peupliers aux étroites feuilles,
vous courbez votre front si bas
que vous humez toujours
le charme des sous-bois odorants...
pour en exhaler le parfum à tous vents...
Devant vos paysages,
ARBRES de magnificence,
à la palette multicolore,
l'être humain s'incline
et s'abreuve en ses mémoires vacillantes,
en quête vivante d'amour et de merveilles
pour ce pays de mouvance et de souvenirs
qu'est l'enfance,
racines de l'homme,
enfouies aux pores de la terre animée,
femmes de courage,
allumant les bougies de l'amour
en un instant d'aurore...
ARBRES de vie,
appelez-moi encore
à célébrer vos échos et vos saisons
en mon cœur en prière...
Maurice Joncas
Hyperborée
Humanitas, 2000
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