I
à nouveau dans une chambre
à nouveau loin du cerisier
et du vent amical
plus tard
sur l'oreiller
je vois la trace de la tête des morts
je ne sais pas comment la mesurer
de la maison
pour l'arbre à chair de forêt
il ne reste rien à voir.
tandis que j'étais immobile allongée
enfermée retenue
le manteau des voyages bien rangé
l'arbre me montrait
comment bouger.
II
le voisin s'est mis à détester l'arbre
à cause de ses feuilles
à cause de l'ombre
à cause de la nature
à cause de la terre
à cause des gens
l'arbre en ce moment qui est si sombre
Sylvie Durbec
Contre-allées
revue de poésie contemporaine
35-36, 2014
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