| Ô mes fiers brasseurs de vent de nuages de ciel, y songiez-vous assez à partir à quitter ce monde aveugle et vil hors des bras de l'enfance,
à disparaître des voies de garage et des enclos et des jardins où vous comptiez pour des prunes, parasols à peine, lampadaires ou poteaux
pour le linge quand vos fruits pourrissaient d'attendre une main ronde et douce, que plus loups que les loups, des hommes jetaient l'or des futaies par les fenêtres
de l'horizon ? C'est fait à présent, et nous restons debout, sans racines, plus seuls et petits que des voiliers sans mât sur la mer bruissante des regrets. |
Guy Goffette
La ligne des arbres
15 poèmes pour la Méridienne Verte
Ministère de l'agriculture
et de la pêche, 2000
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