À tant de secousses s’entête l’arbre.
Il se démène,
manège de fibres,
forain de sève.
Debout ! qu’on l’y laisse.
Debout dans le vent-à-la-ventrue,
dans le fouette-à-la-rafale,
dans le tourne-à-la-tête-feuille.
Des plus de feuilles !
Des moins de ciel !
Des saute-branchages,
des laisse-moi-racine,
des plie-mais-ne-rompt-pas.
Des avale-soleil-tout-cru,
des recrache-ombre-épaisse,
des écorce-donc-ça-autrement.
Regarde-moi cette grande bête immobile,
ce massif aux cent bras,
ce pensif debout
qui rumine du vent.
Sébastien Raymond
Arbre du silence
2020
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