26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 08:22

 

Où commence le mouvement ?

Pourquoi la torsion végétale et l'épanouissement

des feuilles nous semblent-ils à notre image ?

L'arbre vit sans nous,

figure secrète et labyrinthe où nous cherchons des signes.

Les tatouages de l'ombre prolongent

une angoisse oubliée, la courbe de la branche

enferme le nœud des questions sans réponse,

et l'oiseau se moque de nos sortilèges

que déchire le vent.

Le cri du moins libère la chair de ses torsions

et de ses voltes, le baobab se mure

derrière la surface fascinante et vide

d'un silence de pierre mythique torpeur.

La courbe seule interroge,

violence étouffée,

le poids d'un regard pour lire des lignes

gravées.

Avec les pluies un mince bouquet de feuilles

apporte à l'écorce l'obole d'un don léger

comme un muguet

dans la trompe d'un dinosaure.

 

 

 

René Ferriot

Revue Poésie 1 n°80-82

SG