19 août 2013 1 19 /08 /août /2013 06:32

 

Sous le soleil de l'Arménie je suis

Un arbre

Tout verdoyant et large ouvert

Mes pieds puissants comme serpents

Se nouent autour des tombes

Sacrées de notre terre

Les bras ouverts aux vents je resterai ainsi

Comme Jésus sur la montagne.

 

Là-bas, dans le lointain, voici

Les vastes champs de blé

Marchent les moissonneurs comme de grands oiseaux

Dans les champs sur la terre. Et je vois,

Sur l'herbe odorante et brûlée,

Des gamins vifs et malins chasser vers le village

Le bétail en grand nombre

Sous le regard incandescent de l'Astre.

 

Ô socs d'acier

Qui luisent au soleil

Vos baisers de feu sont morsures

Au ventre noir et vierge

De notre terre.

 

La nuit dans les vergers tendres et bleus

Pâles et parfumés par la présence de

La lune,

Les amants vont à la cueillette

Les larmes ne nos ancêtres

Sont des grains, cette nuit, de raisin

Délicat — ils ont la fine transparence de

La lune.

 

Sur les champs se répand une

Brumeuse bénédiction et les grillons

Gais et gris à l'unisson sont des cymbales

Et se mêlent à cette prière

Dans nos cœurs.

 

Sous le soleil de l'Arménie je suis

Un arbre

Tout verdoyant et large ouvert.

Les bras ouverts aux vents je resterai ainsi

Comme Jésus sur la montagne.

 

 

 

 

Zaven Surmélian

Traduit par Marc Delouze

La poésie arménienne

Anthologie

Les Éditeurs Français Réunis, 1973

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