11 août 2021 3 11 /08 /août /2021 10:46

 

Ils n'ont jamais dit : marche sur notre terre, entre dans nos maisons

On entendait crier dans leurs murs, et leurs voix s'étaient éteintes

La peur et le silence étouffent les jours clairs

Je ne sais pas parler

Je ne sais pas leur dire que ma terre est la leur

Et ma maison à eux...

                                  Ils sont bien trop occupés à déranger le paysage,

          blessure ouverte sur la terre qui réclame

            un peu d'eau

              une vie...

J'entends marcher le vent, mais le vent est distrait

il ne m'entend jamais

J'entends pleurer le ciel, mais le ciel est bien pris

et je suis trop petit

Leur colère est si forte contre les mots si doux

que ces mots sont bien vains à réclamer

              la paix.... comme un peu d'eau

              une vie !

Je voudrais que la terre soit ronde.

             Sur ma page d'écriture, j'ai dessiné un arbre

Je n'avais pas de racines, seulement un peu de froid

         et dans le miroir, j'ai vu que mon arbre

         avait des fleurs...

Je voudrais bien leur dire que ma terre est la leur

Et ma maison à eux...

              un peu d'amour et d'eau fraîche

              et mon arbre a poussé

              sur la terre d'un clocher.

 

 

 

 

Viviane Fournier

Vagabondages n°25

Nov/Déc 1980

SG