3 août 2018 5 03 /08 /août /2018 07:00

 

     Un arbre se lève.

     Un arbre là-bas soutient le ciel sans âge.

Attaché à son désordre, il n'appartient plus aux

saisons ; il considère sans ruse l'alouette morte

dans son chant. Sa couleur est transitoire.

     Quel secours accorder à son geste déchu ?

     Devant lui nos mains sont un reliquaire étroit,

jeté à la machine du vent.

     Nous pouvons désormais croire à la lenteur,

lui donner une assise intraitable, nouer nos basses

intrigues à son ampleur, à son doute insistant.

Lécher comme un lait des tendresses rebelles.

     S'il s'agit de l'absence, de ce nid de l'absence,

les heures s'alourdissent.

     S'il s'agit de la mort, elles tombent comme des

fruits déshabillés de la soif qui les fit naître.

     Ah, tant que le poème nous précède, c'est que

nous tournons le dos à la lumière !

 

 

 

 

Jean-Pierre Siméon

Les douze louanges

Cheyne Éditeur, 2001

SG