9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 08:29

 

Arbre mon aimantier

qui prend le geste de l'homme

et la forme de son salut

 

Mon arbre qui devient la plus pure présence

de l'homme dans son désert

qui connaît le secret des gisements de l'âme

les audaces du cœur calcaire

et la vertu patiente du jaillissement

 

Mon arbre bien planté

dans cette chair atroce

où Dieu résonne

ô mon caveau

 

Voici que le matin

jette ses morts à la surface des eaux

et que la terre frémit d'impatience

 

Rues fenêtres corsages

il y a là une fête qui monte

et mon arbre loyal je te salue.

 

 

Paris, 4 janvier 1951

7 heures du matin

(sur carnet Eph. Gibert)

 

 

Jean Sénac

Oeuvres poétiques

Actes Sud

SG