1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 07:14

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Arbre dur sur le ciel au ventre des forêts,

prolongement de l'âme à l'encontre des vents,

érection du songe, attente et démesure

à portée de ce rêve où plongent les racines,

imaginaire espace entravé du désir

par branches et rameaux de veines vagabondes,

lente montée de sève au poitrail des saisons,

s'ouvre le temps promis de liberté d'offrande.

 

(Orage des profonds, des équinoxes rudes

en ramures de peau que désarme un présent

d'amertume oubliée au renouveau du corps,

quand les feuilles meurtries renaissent au baiser

des mots, et que déferle un éparpillement

de nerfs émerveillés, pour nouer ce dedans

de connaissance claire à l'astérisque peint

sur le haut bouclier des seins reconnaissants)

 

Toute ferveur de pluies — y sombrent les jardins

assoiffés du plaisir — s'immobilise en jeux

rassurants, éclairés d'une soif sauvagine,

tant l'azur du ciel double appartient au futur,

lumière reversée par la bouche du rêve

irriguée de l'eau douce à l'ivoire des dents.

Et l'arbre dur pénètre un silence de gloire,

lent à partager l'or écartelé de roses... 

 

 

 

Jehan Despert

Orénoque

Subervie, 1981

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