27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 18:36

 

Soudain, le randonneur croise là un vieux

chêne géant, pareil à un élan de pierre dont

la couronne large de plusieurs lieues fait face à la citadelle

                                          verdâtre de l’océan de septembre.

 

Tempête du nord. C’est alors que les grappes

de sorbe mûrissent. Éveillé, dans le noir, on entend

les constellations piaffer dans leurs stalles

                                          bien au-dessus des arbres.

 

Soir-matin

 

Le mât de la lune est pourri et la voile froissée.

Une mouette plane ivre par-delà les eaux.

Le lourd carreau de l’embarcadère a été calciné. Les ronces

                                           s’affaissent dans l’obscurité.

 

Je sors de la maison. L’aube frappe encore et encore

les barrières de pierre grise de la mer et le soleil crépite

au plus près du monde. Les dieux de l’été, à moitié étranglés,

                                          tâtonnent dans les brumes marines.

 

 

 

 

Tomas Tranströmer

Œuvres complètes (1954-1996)

Traduit du suédois par Jacques Outin

Le castor astral, 1996

SG