3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 07:54

 

Au fond de la forêt

les augures sont mauvais,

un nuage passe devant la lune.

 

Le Vent du Diable

courbe les arbres

un nuage passe devant la lune.

 

Et la lune jette un œil

quand la gitane chante,

et sa chanson s'élève,

de l'obscurité vers la lumière,

comme la fumée vers le ciel,

quand la gitane chante

au bord de la rivière.

 

Au fond de la forêt

les augures sont mauvais,

un nuage passe devant la lune.

 

Le loup blanc attend,

le loup gris hurle

après la fille de la rivière.

 

Les crânes rasés

avec leurs yeux bleus candides

leur tonnerre et leurs éclairs

les gadjé blancs comme neige

trament religieusement leurs complots

dans le nid de l'aigle.

 

Mais la lune regarde toujours

la gitane qui chante,

elle voit s'élever sa chanson

comme la fumée vers le ciel

de l'obscurité vers la lumière,

quand la gitane chante

au bord de la rivière.

 

Comme le soleil sur la forêt

son chant s'élève

des cendres d'Auschwitz,

du camp de la mort de Lety

des blanches falaises de Douvres,

le chant des Roms

vit encore et toujours...

 

Les arbres s'élèvent haut

bien que soufflent les vents froids,

les arbres s'élèvent haut.

 

Les grands arbres poussent

là où soufflent les vents froids,

les arbres s'élèvent haut.

 

Deep in the forest

the omens are bad,

a cloud passes over the moon.

 

Devil wind

bends the trees,

a cloud passes over the moon.

 

And the moon takes a peep

when the Gypsy girl sings,

and her song rises up

from the dark to the light,

like smoke to the sky,

when the Gypsy girl sings

at the river’s edge.

 

Deep in the forest

the omens are bad,

a cloud passes over the moon.

 

White wolf waits,

grey wolf howls

at the girl by the river’s edge.

 

The bullet head boys

with their baby blue eyes,

their donner und blitzen,

the lily white gadje

religiously hatching their plots

in the eyries of eagles.

 

But the moon’s keeping watch

at the Gypsy girl sings,

sees her song rising up

like smoke to the sky

from the dark to the light,

when the Gypsy girl sings

at the river’s edge.

 

Like the sun on the forest

her song rises up, from

the ashes of Auschwitz,

the death camp at Lety,

the white cliffs of Dover,

the song of the Roma

lives on and on…

 

Trees grow tall

though the winds blow cold,

tall trees grow.

 

Tall trees grow

where the cold wind blow,

trees grow tall.

 

 

 

 

 

Alfreda Benge

MBW Songs for Robert Wyatt

Traduit par J-M Marchetti

Æncrages & Co, 2008

SG