8 novembre 2019 5 08 /11 /novembre /2019 20:55

 

Ode que les hommes chantent sous les bois

Du tréfonds de la forêt

Ode qui enchante et emporte

Qui brûle les cœurs

Ode qui berce au passage de l’esprit

Qui récure le refrain de la vie

Ode fracassante du vent contre les palétuviers

Que les gens acquiescent

Ode des valides et des puissants

Qui crépite les tympans

Ode du tréfonds des cœurs doux

Quand convulsionnent les corps

Ode qui tressaille les iniques

Qui coupe le souffle aux lions

Ode du tréfonds de la forêt

Qui passe entre les feuillages

Ode qui converge à travers les arbres

Et des gens qui louent la nature

Ode que les hommes fredonnent dans les sentiers

Qui perce les rochers en promiscuité

Qui donne puissance et vigueur

Aux corps amorphes des piqûres de moustique

Ode de la passivité, ode du courage

Que les hommes tiennent à cœur

Ode qui retentit dans les ténèbres

Comme l’eau chantante d’un fleuve en crue

Ode du silence par une douce mélodie

Et de caresser le corps en perdition

Ode des hommes évoquant les dieux

Quand ils feraient leurs yeux.

Ode de la pureté, Ode des carnets roses

Dont l’histoire ouvre les pages de l’avenir

Ode qui plante la citrouille à la tombée des premières pluies

Du tréfonds de la société de Kyrielle de contradictions

Ode qui amuse les cœurs

De la rencontre de la Saga du Grand Bien

Ode qui divertit les touristes

Elle représente l’échine souple de la dérive

Ode du tonneau de Danaïdes

Ceux qui sont condamnés de remplir

Ode de la vertu et du maintien des mœurs

Pour des gens impudiques, sans séduction

Ode sans domaine précis, sans limites

Dont l’aventure n’évade pas la connaissance

Ode de la méfiance pour la nature des armes

Que la poésie a du vent en poupe

Ode de la vie mondaine, du sang et de l’ignition

Que la vie est belle et plurielle

Ode des hommes qui inventent la technologie

Dans les méandres de l’histoire, l’évolution de l’esprit

Ode des gens qui disent qu’ils sont hommes

Car ils sont culturels et naturels

Ode des gens pacifiques et clairvoyants

Que les racines de la détente enfoncent dans la glèbe

Ode des femmes aux poitrines nues des savanes et des forêts

Qui bondissent les seins chauffés par un désir qui dérange

Ode des aventuriers dont la société est une foudre

Pour jouer l’esprit du malin sur les baisers du soir

Du tréfonds des hommes, des pensées nostalgiques.

 

 

 

Michel Gayido

Du tréfonds de la forêt

L'Harmattan, 2015

SG