Je ne passerai sûrement plus par ce sentier. Maintenant
De ma paume je presse l'écorce de l'arbre. Peut-être
Avant qu'il ne pleuve quelqu'un d'autre passera ici et pressera
Lui aussi sa paume contre l'écorce de l'arbre posant à son
Insu couche d'air sur couche d'air.
Après viendra la pluie. Et toutes les couches glisseront avec elle vers
La terre du tronc de l'arbre seront absorbées dans la terre
Du tronc de l'arbre iront dans les racines monteront
Dans le tronc et dans les branches rempliront les feuilles de verdeur
Nouvelle. Où serai-je moi lorsque la respiration verte et courte de mes
Mains et des mains de celui qui vient après moi se mélangeront dans la durée
respirante
Du vert persistant.
Amir Gilboa
11 poètes israéliens contemporains
Traduits par Emmanuel Moses
Obsidiane, 1990