Ouvre ta porte, ouvre-moi, ouvre...
D'instinct j'ai gagné la forêt.
Surgissant des racines, un souffle froid
montait vers les ramures,
avant de choir, brûlant, du haut des frondaisons.
Ouvre ta porte, ouvre-moi, ouvre...
— Ensuite, ce fut l'hiver,
déployant sur les arbres
une blancheur transie de murmures bleutés.
Ouvre ta porte, ouvre-moi, ouvre...
Pose tes mains sur moi,
avant de m'enfouir doucement dans l'humus,
telle une jarre comble, insondable et sonore.
Razmig Tavoyan
Poésie 1 n°133
janv. fév. mars 1997
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