Dans la forêt des erreurs
les chênes parlaient en langue chevreuil
Les vanneaux sifflaient comme des merles
et avec sa faux du dernier croissant
le vent fauchait les prés à ras
Dans la forêt des erreurs
le renard était amical
et le sanglier débonnaire
Les bêtes avaient toujours raison
Tous les bûcherons avaient tort
Dans la forêt des erreurs
le promeneur ne sait plus s'il est
une personne parmi les arbres
ou un simple roseau passant
Dans la forêt des erreurs
tout le monde a toujours raison
parce que chacun a toujours tort
Claude Roy
Les pas du silence
suivi de Poèmes en amont
Gallimard
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