La forêt aussi a son langage, elle parle
entre ciel et racines, et hurle quelquefois,
par grand vent, bouche ouverte, en pleine nuit.
Mais pourrait-on comprendre ses tragédies,
cette dentelle obscure du contre-jour,
Ces propos de fougères et de fourmis,
ce parler d'un temps sans grammaire
ni alphabet,
lorsque le temps affleure à la saignée
des branches, jusqu'à la pointe extrême
des feuilles, et l'exténuation du silence.
Lionel Ray
Comme un château défait
Gallimard, 2004
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