Séculaires forêts, fatidiques royaumes
Où l'oracle impudent divinisait la Peur,
Place au fort bûcheron ! place au hardi sapeur
Qui fraye à la Raison sa route sous vos dômes
L'esprit geint dans le bois ? frappons le bois au cœur
Pratiquons la trouée, et chassons les fantômes !
Glissons le rayon d'or où vivent les atomes,
Jusqu'au nid du serpent, jusqu'au trou de l'Erreur!
Mais dans l'arbre immortel ne plantons pas la hache !
Sous le sol ténébreux en vain son pied se cache,
Son front, jusqu'au soleil, d'instinct s'est élancé.
Respect au chêne antique ! Il nous donne sa force ;
L'essaim céleste y fait son miel, et son écorce
Garde pour l'avenir les sèves du passé.
Joséphin Soulary
Œuvres poétiques, volume 1
A. Lemerre, 1883
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