18 juin 2019 2 18 /06 /juin /2019 13:05

 

Il y a des arbres qui jettent leurs rudiments d'ombre

         comme quelques flèches aveugles

                    droit dans les yeux du promeneur.

      Qui élèvent leurs ombres aux yeux cousus,

         comme s'ils dressaient des faucons,

                    et les posent sur le gant en maille

         des évènements quotidiens.

 

Il y a des arbres qui tombent dans les ravins,

         dans les fosses communes, s'égarent.

     Seules leurs ombres flottent par-dessus,

     tremblent comme quelques généraux

         jetés d'un avion au-dessus de l'océan,

     comme les doigts d'une main coupée, d'une main cachée

        entre les rondins que ramènent les trains.

 

Il y a des arbres qui ne connaissent pas la noyade, les mâts

      les sibéries, les cercles clarke.

 

 

 

Linda Maria Baros

Bacchanales n°47 - novembre 2011

Revue de la Maison de la poésie Rhône-Alpes

lindamariabaros.fr

 

SG