Le tilleul est mort
Personne ne le sait encore
Celle qui l'élaguait avec ses ciseaux d'argent n'a pas compté son âge
N'a pas prévu des larmes pour attendrir la hache
Un vent ignorant a soufflé le cierge
Et ce n'est pas la dernière coulée de résine qui remplacera les pleurs
Sa photo trône sur la cheminée depuis que la maison est maison
Lui debout sanglé dans son écorce
Elle lui arrivant à l'épaule
Des mariés ordinaires
et une mise en ménage qui comporte sa part d'ombre et d'énervements
quand le tapage des moineaux empêche les parents de faire la sieste
Vénus Khoury-Ghata
Où vont les arbres ?
Gallimard, 2012