22 janvier 2019 2 22 /01 /janvier /2019 19:00

 

                                    à François Boddaert

 

 

Il nous sied de suivre l'essor

De vos délicates naissances. Blancheur

Du printemps, et le soleil trouble l'azur, un rayon

Transperce et ce cœur et ces dentelles où la Beauté

Nous fait vivre et mourir. Le temps tourne.

Avec raison le vertige nous saisit. Nous jouissons

Sans préjuger de notre plaisir, car les dieux

qui habitent la lumière sont désinvoltes.

Souvent, dans l'âtre à peine éteint, un deuil

S'énonce que nous n'avons su nommer.

 

Clarté des larmes, des adieux,

De notre jeunesse enfuie aussitôt née,

Le soleil est notre partage, lui qui décline

Toujours au midi de l'espoir. Il connaît bien

Le saisissement de la ténèbre — son asile,

Sa renaissance... La mort y discourt à voix basse.

 

Qui nous élèvera ? Qui nous fera planer ?

À l'arbre faut-il chaque matin l'octroi

D'un vert plus somptueux ?

Un précipité doré qui maintienne parmi nous

Une présence hantée ? Pommiers, prose

Allègre et trop douce, hélas, pour conjurer

L'embardée des instants, notre joie sillonne des sillons.

Clairs. Là-bas nous attend la maison, réassort du jour.

Sous le ciel où s'exhalent les fleurs,

Notre cœur tourmenté, s'avise

De l'étendue qui se dévoue.

 

Vocation des efflorescences ou la brève amitié.

Demain, saurons-nous dédier à l'infini

Cette parole qu'il génère en nous ? Il nous faut

La jeunesse pour emblème. Or elle n'est pas,

Tout n'est que transition. N'eût été la maison

— Et le soir, son haut lieu —, nous serions

Toujours vaincus, alors qu'il nous faut vaincre.

 

Demain, il nous faudra revenir dans le jardin

Empli de soleil. Entre les croûtes

En gésine, le long du mystère des rosées,

Ce ferment de nos désirs. Dans les allées,

Des pétales amortissent nos pas. C'est l'eau

Que nous cherchions, l'eau dans les fleurs

Blanches et dans les draps où nous dormons

Sans remords, oublieux des hauteurs

Où l'absence nous guette.

 

 

 

 

Nimrod

J'aurais un royaume en bois flottés

Anthologie personnelle 1989-2016

Gallimard, 2017

SG

 

                  et des arbres...
   

Abricotier     Acacia    Alisier     Aloès     Amandier    Arbre à soie    Arbre de Judée    Arganier  Aubépin   Aulne    Baobab    Bouleau    Caroubier    Cactus     Cédratier    Cèdre    Cerisier    Charme   Châtaignier    Chêne    Citronnier    Cocotier    Cognassier     Cornouiller    Cyprès    Érable      Eucalyptus    Figuier    Flamboyant    Frêne    Ginkgo   Grenadier    Hêtre    If    Laurier    Lilas    Magnolia    Manguier    Marronnier    Mélèze    Mélia azédarach    Micocoulier     Mimosa    Mûrier-platane     Niaouli    Noisetier    Noyer     Ombú    Olivier    Oranger    Orme    Palmier    Pêcher    Peuplier    Pin    Plaqueminier    Platane    Poirier    Pommier   Prunier    Robinier    Santal    Sapin    Saule    Séquoia    Sophora    Sorbier    Sureau    Sycomore    Teck    Térébinthe    Tilleul    Tremble    Tulipier

 

Feuille

Forêt

À ce jour, 1243 poètes, 2800 poèmes

et de nombreux artistes ...

Bonne lecture !

Sylvie Gaté