1 mai 2018 2 01 /05 /mai /2018 08:00

 

Et, ultime bond, de mille étoiles polaires

l'abnégation s'abandonne à l'ordre,

comme l'homme, la pensée à la vitre, s'offre,

c'est la myriade en fleur du sophora qui éclate.

 

Elle est dure, et sait comment surgir

en chiffres et géométries éternelles.

 

Avec un son de gorge sur clef basse,

sévère, qui grimace et replie les sourcils

pour prendre la gamme de sincérité,

au sommet des phalanges de l'arbre

se tend le pâturage aux visages célestes,

la pampa blanche d'étoiles frémissantes,

seules en présence des marées du nuage

qui joignent purement les ailes

attendant d'ailleurs le flot des sanctions.

 

Au sommet du tronc de foudre pétrifiée

sur l'explosion des paillettes de l'arbre,

des fleurs, comme des mains enfiévrées

auscultent le ciel austère qui se refuse,

et d'autres corolles, phalènes identiques,

nerveusement osent affirmer, et postulent

en face du ciel de vêpres mortes,

derniers témoignages des terres

aux assises des nuées

où se tendent l'interdiction d'or

et la pourpre qui clôt l'empire du jour.

 

Les migrations de fleurs se précipitent,

triomphant dans l'obéissance sacrée.

Et ferventes prêtresses d'un orgueil qui s'ignore,

s'élancent des cornues d'étoiles

et des pyxides aux parfums

et toutes, prises au filet sagace,

arrêtent leur folle ascension

devant la vitre dressée du destin.

 

Épanouies comme des paupières d'ivoire

haletant, comblées de dévotion

et de l'ardeur d'accomplir leur destin

elles s'épaulent, foule drue accourue,

territoires d'étoiles, ivres de zèle

et tendrement folles

d'être la réponse suave et ardente

aux décrets magnanimes du divin.

 

La plénitude exaltée de leur vocation,

est dans l'ignorance des fins de leur chair.

Elles brûlent entre la terre et le ciel

comme mille collines d'abeilles de lait.

Coupole voûtée, or vieux du sophora,

devant la vitre mystique,

portique des cieux,

servantes du Dieu qu'elles ignorent,

elles, dernières étoiles de la terre,

sollicitent les marges rouges

du ciel que ferme la nuit.

 

Or, aux genoux du poète qui contemple,

un séquoia pénètre le nuage descendu

et ses racines sont les caves des termites,

et la chauve-souris, empruntant au nuage,

tend des fils noirs entre les astres. 

   

          

                                         Nohant, 1938

 

 

 

 

 

Jean de Boschère

Dressé, actif, j'attends

Choix et présentation par Michel Desbruères

La Différence, 1991

SG

 

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