17 janvier 2018 3 17 /01 /janvier /2018 12:01

 

Lorsque la pluie (chante la lumière), la pluie a dévoré ma maison

Et que le vent traverse mes arbres,

Les cèdres caressent l'orage de leurs grandes pattes.

Le silence est plus bruyant qu'un cyclone

Contre la porte grossière, mon refuge.

Et là je mange seul mon air frais

Parmi les chansons solitaires et pures.

 

D'autres cependant tiennent conférence.

Leurs fenêtres s'affligent, et bientôt se renfrognent ;

Puis la vitre se ride sous l'eau qui abonde ;

Bientôt je ne les vois plus parler,

Et ils ne connaissent plus mon jeu.

 

Les fleuves habillent leur maison

Et cachent leur sagesse nue.

Les propos

Sombrent dans les profondeurs comme les sous-marins ;

Submerge-les ! avec leurs pâles expressions dans ma tempête.

 

Mais je bois la pluie, je bois le vent,

Distingue les poèmes

Qui montent en bouillant de la froide forêt ;

Je lève dans le vent mes yeux pleins d'eau,

Et mon visage, et mon esprit pour m'en rafraîchir librement.

 

Ainsi je vis sur ma terre à moi, mon île à moi,

Et je parle à Dieu, mon Dieu, sous la porte

Lorsque la pluie (chante la lumière), a dévoré ma maison

Et que le vent traverse mes arbres.

 

 

 

 

Thomas Merton

Anthologie de la poésie américaine

par Alain Bosquet

Stock, 1956

 

 

 

 

 

 

Song

 

 

When rain, (sings light) rain has devoured my house
And wind wades through my trees,
The cedars fawn upon the storm with their huge paws.
Silence is louder than a cyclone
In the rude door, my shelter.
And there I eat my air alone
With pure and solitary songs.

 

While others sit in conference.
Their windows grieve, and soon frown
And glass begins to wrinkle with a multitude of water
'Til I no longer see their speech
And they no longer know my theater.

 

Rivers clothe their houses
And hide their naked wisdom.
Their conversations
Go down into the deep like submarines:
Submerge them, with their pale expressions, in my storm.

 

But I drink rain, drink wind
Distinguish poems
Boiling up out of the cold forest:
Lift to the wind my eyes full of water,
My face and mind, to take their free refreshment.

 

Thus I live on my own land, on my own island
And speak to God, my God, under the doorway
When rain, (sings light) rain has devoured my house
And winds wade through my trees.

 

Thomas Merton

SG

 

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Bonne lecture !

Sylvie Gaté