En son milieu pousse l'arbre d'où jaillissent les failles.
Ses racines, branches, feuilles, une aiguille
qui tourne rond chaque année. À travers des taudis esseulés
il trime, chambre de l'esprit et palais.
Ici une femme ôta sa peau comme une tunique...
Et ce soulier négligé rendit son maître bancal.
Deux voix, maintenant d'outre-monde, chuchotent
à l'étage qui n'existe plus. Leur acte
de chair un tapis volant, tissé par-dessus ma tête.
Le vent de leur sommeil fit germer des graines éparses
sous le plancher, éclore des bourgeons du battement de leur cœur...
Connaissance, le Paradis, les gestes de l'amour,
s'effondrent tandis que l'Arbre tire vers le sol
à mesure qu'il croît. Qui gicle, gémit en son dommage.
Charl-Pierre Naudé
Traduction de l'afrikaans par Georges- Mary Lory
Poèmes d'Afrique du Sud
Anthologie par Denis Hirson
Actes Sud, 2001
/image%2F1177614%2F20260306%2Fob_30a611_printemps-des-poetes-2026.jpg)