Était un homme, ses branches étaient des bras, une multitude de bras — de feuilles aussi, que j'avais tout d'abord pris pour des yeux, ou l'inverse, je ne sais plus. Cet arbre, je me souviens, me suivait partout, tout le temps, pas à pas.
Mais quand je me retournais, il avait disparu. Cet homme avait pris sa place, cet homme que j'avais tout d'abord pris pour un arbre, avec sa multitude de bras, de jambes, d'yeux, et en lequel je reconnus ensuite mon père dont l'ombre je me souviens.
Me suivait partout, tout le temps, pas à pas, me recouvrait totalement parfois. Plus la moindre lueur d'espoir. Jusqu'au jour... |
| OÙ IL A PRIS RACINE |
Sami Sahli
Cent grammes de suicide
L'Arpenteur, 2008
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