28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 07:04

 

Ouvre ta porte, ouvre-moi, ouvre...

D'instinct j'ai gagné la forêt.

Surgissant des racines, un souffle froid

montait vers les ramures,

avant de choir, brûlant, du haut des frondaisons.

 

Ouvre ta porte, ouvre-moi, ouvre...

— Ensuite, ce fut l'hiver,

déployant sur les arbres

une blancheur transie de murmures bleutés.

 

Ouvre ta porte, ouvre-moi, ouvre...

Pose tes mains sur moi,

avant de m'enfouir doucement dans l'humus,

telle une jarre comble, insondable et sonore.

 

 

 

Razmig Tavoyan

Poésie 1 n°133

janv. fév. mars 1997