19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 18:01

 

Je sais, pour l'avoir tôt appris, que tout

ce que je vois n'est qu'image un peu floue,

qu'une chimère, et pas un arbre, non,

bien qu'il ait, lui aussi, feuillage et tronc,

nul oiseau fou n'ira dessus chanter,

car sur le vrai l'oiseau va se poser —

le vrai ? Mais voyons ce qui nous paraît

tel, serait-ce pas, en fait, le reflet

du plus authentique, et qui est ailleurs —

l'oiseau primitif n'y est-il chanteur ?

 

 

 

Rákos Sándor

Poésie hongroise

Poèmes choisis et adaptés par Marc Delouze

Les Éditeurs Francais Réunis, 1978

SG