18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 07:11

 

Sur la musique de Berlioz

(Damnation de Faust)

 

 

Au bois mystérieux, d'infimes vies s'activent,

Sur les pas inspirés d'amants silencieux,

Qui savent tout se dire en se prenant les yeux,

Pour ne pas effrayer des présences craintives...

 

Tandis qu'ils vont, goûtant des voluptés hâtives,

De chaque herbe descend un génie gracieux,

Se risquant sur un fil, léger, audacieux,

Ou parcourant les airs en des clartés furtives...

 

À l'étrange harmonie des insectes de nuit,

Les sylphes assemblés sarabandent sans bruit,

Dans l'argent de la lune aux blancheurs diffusées...

 

Pour parer l'aube proche, un peuple de lutins,

Verse dans chaque fleur un cristal de rosée,

Ou tend ces fils brillants qui vont luire au matin...

 

 

 

Victor Behar

Les jeunes poètes de France

publiés sous la direction de Patrice Buet

Revue moderne des Arts et de la Vie, 1935

SG