14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 20:06

 

La nuit emporte dans le tournoiement du couchant

Le visage ivre de la forêt

 

La route ne va jamais jusqu'au soleil

Et ta main n'ira jamais jusqu'à la main de celles

Qui danseront ce soir dans mon jardin

 

Les troncs décharnés des sapins abattus

Luisent au cœur du crépuscule

Comme les lingots d'or de ma force

Au fond des plaies noires où se coagule

Le miel des tentations

 

Il faut soulever l'écorce

Pour découvrir la lumière

 

Je sais qu'il y a dans le monde

Un homme et une femme

Dont l'amour aurait tout transformé

Mais qui ne se rencontreront jamais

 

 

 

Marcel Béalu

L'Air de Vie

Poèmes 1936-1956

Seghers, 1958