17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 08:07

 

       Ami j'écris pour que tu saches

Que nos ormeaux sont morts et que c'est grand pitié

Que nous avons perdu leurs feuillages alliés

Des saisons et de nous, leur amitié sans tache.

 

        Celui qui les avait plantés

Était mon bisaïeul, Jean Sébastien Eugène

Homme de foi et qui croyait à la beauté

À la force d'amour des ormes et des chênes.

 

       Or, cet amour nous fait défaut

Qu'il nous avait légué à travers les ormeaux.

Nous sommes en grand deuil et c'est un mauvais signe

Quand les arbres s'en vont d'une tumeur maligne.

 

       Nous les pleurons comme des frères.

       Qui nous maintiendra bonne terre

       Nous fera les matins plus beaux

       Puisque nous n'avons plus d'ormeaux ?

 

 

 

Catherine Paysan

52 poèmes pour une année

Les éditions ouvrières, 1982