1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 11:29

 

Je l'ai tout à fait désapprise

La berceuse au rythme flottant,

Qu'effeuille, par les soirs de brise,

La branche d'alisier chantant.

 

Du rameau qu'un souffle balance,

La miraculeuse chanson,

Au souvenir de mon enfance,

A communiqué son frisson.

 

La musique de l'air, sans rime,

Glisse en mon rêve, et, bien souvent,

Je cherche à noter ce qu'exprime

Le chant de la feuille et du vent.

 

J'attends que la brise reprenne

La note où tremble un doux passé,

Pour que mon cœur, malgré sa peine,

Un jour, une heure en soit bercé.

 

Nul écho ne me la renvoie,

La berceuse de l'autre jour,

Ni les collines de la joie,

Ni les collines de l'amour.

 

La branche éolienne est morte ;

Et les rythmes mystérieux

Que le vent soupire à ma porte,

Gonflent le cœur, mouillent les yeux.

 

Le poète en mélancolie

Pleure de n'être plus enfant,

Pour ouïr ta chanson jolie,

Ô branche d'alisier chantant !

 

 

 

Nérée Beauchemin

Patrie intime

1928