22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 14:36

 

J'ai payé cette poire au marchand dans la rue…

Ce fruit est bien à moi. — Mais je reste à rêver :

Le marchand a payé le pourvoyeur des halles.

Puis j'entrevois les besognes provinciales :

On a payé, là-bas, ceux qui cueillaient ces fruits.

J'imagine la ferme, et la cour et le puits,

Le verger… Et puis c'est à l'arbre que je pense.

 

Ô bon arbre qu'as-tu reçu pour récompense ?

Arbre inconnu, du moins, soit loué, soit béni

Pour le fruit radieux que je savoure ici !

Sois donc bénie aussi, ô terre! Et toi, encore,

Sois béni, ô soleil qui fécondes et dores!

 

 

 

Noël Nouet

La Muse française

n°7, juillet 1924