21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 07:48

 

Nous aurons pour surdité la rivière

Et nous n'entendrons plus d'affres et de corps

Les passeurs du temps crier haut à la mort,

Nous aurons pour fuite l'arbre lié de ciel.

 

Nous prendrons la sente palmée de fougère

Quand le baumier embaume à soleil ouvert,

Nous serons l'odeur endormie au brasier,

Une paix vive à peine remuée.

 

Nous ne verrons plus, face contre terre,

La mort et l'ombre jalouses de disparaître,

Nous saurons que le baume garde le baumier

Et l'amour en fuite, la verte éternité.

 

 

 

 

Rina Lasnier

La poésie québécoise contemporaine

Anthologie par Jean Royer

La Découverte / L'Hexagone, 1987

SG