9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 08:23

 

 

la forêt prie sa cambrure est longue neige

sur toi bien-aimée blanche les arbres sont bergers

le temple est princier et planté en bannières

aucun bruit ni rumeur l'âme-neige s'endort

 

une ombre a émergé des hivers monastiques

sous les tambours voilés des lourds flocons nocturnes

la forêt irradie aux pointes des sapins

son appel grand-altier des silences gothiques

 

les arbres rassemblent une fugue immobile

battent les cœurs hautains des rencontres mystiques

des orgues font écho aux clairières givrées

c'est une grande attente dans une forte nuit

 

il pleut depuis hier et la neige est malade

grise coulée la forêt entre en solitude

l'ombre est repartie les orgues ont disparu

regrets à lentes danses des anciennes valses blanches

 

un verger va fleurir en-dehors des chemins

flocons évanouis de rêves à la lune

trois loups abandonnés s'en retournent aux campagnes

les bergers des rencontres ont repris leur attente

 

 

 

 

Pierre Daco

De chant d'homme

Éditions Saint-Germain-des-Prés, 1981

SG