17 septembre 2017 7 17 /09 /septembre /2017 07:44

 

Ma jeunesse est toujours du côté des glycines

sur le parterre imaginaire elle est restée

elle y cueille les vents et ne pense à personne

ma jeunesse vit seule et ses yeux te ressemblent

 

Et moi je vois l'été se détacher des branches

l'arbre se dédoubler au fond des lendemains

Déjà tous les passants ont leurs ombres d'automne

et je marche déjà dans la ville invisible

 

Je m'en vais peu à peu vers les lumières froides

je m'en vais par les rues qui se croisent trop loin

je m'en vais en levant les bras sous la grande arche

où m'attend l'Étranger qui ne dit jamais rien

 

Pourquoi faut-il toujours tourner autour du chêne

pourquoi faut-il aller tout près des espaliers

attendre tant d'oubli pour que l'oubli s'épuise

pourquoi faut-il aimer les voix méconnaissables

 

Ah ! Quand donc au matin verra-t-on ma jeunesse

offrir à tout venant le temps qu'elle a cueilli

ce temps que je cherchais et attendais sans cesse

par les yeux par le vent par le chêne et le gui

 

 

                                                    Septembre 72

 

 

 

 

Norbert Lelubre

Histoire sans limites

Traces, 1976

SG