19 juillet 2017 3 19 /07 /juillet /2017 17:03

 

Cet arbre et son frémissement

forêt sombre d'appels,

de cris,

mange le cœur obscur de la nuit.

 

Vinaigre et lait, le ciel, la mer,

la masse épaisse du firmament,

tout conspire à ce tremblement,

qui gîte au cœur épais de l'ombre.

 

Un cœur qui crève, un astre dur

qui se dédouble et fuse au ciel,

le ciel limpide qui se fend

à l'appel du soleil sonnant,

font le même bruit, font le même bruit,

que la nuit et l'arbre au centre du vent.

 

 

 

Antonin Artaud

L'Ombilic des limbes

Gallimard, 1968

 

 

 

 

L'arbre
SG